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HAUTE-VIENNE
L'hypnose ramène sa science

L'HYPNOSE, ce n'est certainement pas une histoire à dormir debout. Trop longtemps sous-estimée, cette technique de suggestion est aujourd'hui prise en compte par la science considérant que "ses mécanismes lui sont accessibles". On parle désormais de sophrologie pour ne pas affoler les foules. A Paris, une école de médecins forme des spécialistes qui travaillent sur l'hypnose, apportant un confort à des patients qui étaient loin de penser à une telle aubaine. L'opération réalisée à Saint Junien et les collaborations espérées dans un proche avenir avec le CHU de la capitale régionale donnent un éclairage sur les progrès accomplis par l'hypnothérapie, devenue réalité. A Limoges, le Dr Pierre Verpeaux, chirurgien dentiste, utilise cette méthode bien connue d'autres médecins notamment dans le cas des accouchements. Le très médiatique Franck Syx (*) a lui-même utilisé son pouvoir magnétique dans ce cas. Le film d'une césarienne réalisée au Sénégal, sans anesthésie, en porte le témoignage : l'opération s'est bien déroulée; le soir même, la patiente montait les escaliers de l'hôpital ! Cet ancien professeur de dessin venu au calme en Charente-Maritime s'est converti à l'hypnose. Le meilleur spécialiste français, le Pr Léon Chertok, décédé en juillet 1991, l'a sollicité afin de participer à des expériences en laboratoire et à des débats scientifiques. "Attention, prévient-il, il faut se méfier des marabouts et apprentis sorciers qui vous mènent en bateau. L es mots soigner et guérir sont réservés aux médecins. Je ne soigne pas. Mes pratiques sont douces, elles respectent l'Etre humain. Elles lui permettent, simplement, par une intervention extérieure, de donner le meilleur de lui-même, là où sa volonté échoue…". Faisant référence à Shultz dont il a adopté les théories, Franck Syx s'est en effet tourné vers l'hypnose qui "présente l'avantage de pouvoir supprimer les inconvénients de la douleur, même s'il n'en guérit pas la cause". Chacun doit savoir qu'il est plus ou moins réceptif. "L'hypnose n'est donc pas à mettre à la portée de n'importe qui, puisque la technique présente aussi l'inconvénient d'excès, alors que le sujet est sous

L'hôpital de Saint-Junien va poursuivre sur la voie ouverte.. .
L'hôpital de Saint-Junien va poursuivre sur la voie ouverte. Il envisage
de développer des recherches avec le CHU de Limoges .

influence", ajoute-t-il. C'est pourquoi il ne cesse de défendre les lettres de noblesse de techniques, notamment hypno-suggestives, permettant l'épanouissement de la personnalité en obtenant "l'équilibre parfait entre le corps et l'esprit".

La disparition de Jean-Martin Charcot en 1893 plongea les recherches dans une nouvelle ère de déclin. Plus d'un siècle plus tard, les fondements scientifiques de l'hypnose continuent à défier la raison. En France, le Dr Léon Chertok, meilleur spécialiste, décédé en 1991, relança l'intérêt porté à la technique en médecine, en procédant à plusieurs opérations sans adjuvants chimiques. Actuellement, des praticiens reconnus ont recours aux mécanismes de l'hypnose. Comme l'anesthésiste Philippe Marchand, à Saint Junien , ils s'inspirent de la méthode "Ericksonienne" (du nom d'un Américain mort en 1980) pour favoriser le travail de l'inconscient ou pour soulager la douleur des opérés et grands brûlés. De leur côté, les chercheurs "planchent" dans leurs labos afin de percer les mystères. L'imagerie cérébrale a permis d'établir que c'est le lobe droit du cerveau qui nous fait rêver. Les mises en activité de tel ou tel processus mental, les effets de l'hypnose sur la mémoire, la conscience et la communication de l'homme constituent toujours un beau champ d'exercice. Les recherches sur la thérapeutique de l'hypnose ne sont plus sous-estimées. Une association regroupe plusieurs centaines de médecins et psychologues qui, tout en gardant les pieds sur terre, rêvent de nouveaux résultats scientifiques qui permettraient d'éviter de lourdes opérations ainsi que l'usage médicamenteux. Ce serait tout bon pour la "Sécu"… Une chose est sûre, l'hypnose s'éveille dans le monde médical.


(*) Franck Syx a exercé son pouvoir dans l'émission télévisée "Mystère" d'Alexandre Baloud. Des millions de téléspectateurs ont reconnu avoir subi et suivi avec succès les pouvoirs de l'hypnotiseur.

De la méfiance à l'éveil

L'étude de l'hypnose a été délaissée en France depuis un siècle. La technique d'exploration cérébrale pourrait permettre de mieux comprendre cet état particulier de la conscience, irréfutable autant qu'intriguante. Les spécialistes internationaux ont eu l'occasion de confronter les résultats de leurs travaux au Centre National de recherche scientifique (CNRS). A l'instar des pays de l'Amérique du Nord ou de certains pays européens (Allemagne, Autriche, Grande-Bretagne) qui ont depuis plusieurs années ouvert les portes de leur labo aux mystères de l'hypnose, le CNRS est sous influence. En tout état de cause l'hypnose revient de loin. Elle ramène aujourd'hui sa science alors qu'elle fut condamnée par Louis XVI, car "dangereuse pour les mœurs". Le "magnétisme animal" prôné par l'Allemand Anton Mesmer, rebaptisé par la suite hypnose, connut sa dernière heure de gloire à la fin du siècle dernier. C'est plus tard que les plus grands noms de la psychopathologie - Jean-Martin Charcot, Pierre Janet ou Henri Bernheim - s'affrontèrent autour du fascinant phénomène. Freud lui-même, plusieurs années durant, eut recours aux méthodes cathartiques comme procédé psychothérapeutique. Après quoi, seulement, il devait s'investir dans la psychanalyse…